COMITE DE SOUTIEN

AU PEUPLE TIBETAIN

Paris, le 19 juin 1998

COMMUNIQUE

 

  • Selon des informations parvenues au C.S.P.T., ce sont sept nouveaux prisonniers tibétains, dont cinq jeunes nonnes, qui ont été abattus par les forces de répression chinoises à la suite des diverses manifestations du mois de mai dernier, à l’intérieur de la prison de Drapchi, à Lhassa.

    Outre les deux décès précédemment annoncés par le Gouvernement Tibétain en exil, ce sont deux autres moines, dont un nommé Ngawang Sundrap, ayant entamé une grève de la faim, qui sont décédés dans des circonstances non-expliquées. Cinq moniales blessées par balle lors des manifestations à l’intérieur de la prison sont également décédées. L’une d’entre elles, Tashi Lhamo est décédée le 7 juin dernier. Selon des témoins, son corps était "gonflé" par les coups.

    Les autorités chinoises ont annoncé aux détenus que ces jeunes femmes s’étaient suicidées. Plusieurs de ces prisonniers ont alors de nouveau manifesté, refusant d’admettre la thèse officielle de ces décès. Trois nonnes sont depuis placées en cellule d’isolement et soumises à des tortures quotidiennes. Il s’agit de Ngawang Sangdrol, condamnée à 18 ans d’emprisonnement, de Ngawang Choezom, condamnée à 11 ans et de Ngawang Tenzin, condamnée à 10 ans.

    Dans une lettre parvenue en 1997 à la famille de Ngawang Sangdrol, celle-ci écrivait :

  • "Tous les êtres humains aspirent au bonheur, mais il n’est pas pour moi...

    Je ne regrette pas ce que je fais, ceci est mon destin..."

  • Ngawang Sangdrol est un symbole pour nombre de défenseurs des droits de l’homme au Tibet. La jeune femme, agée aujourd’hui de 23 ans et qui manifeste depuis l’âge de 10 ans, est libérable en 2011. Le C.S.P.T est particulièrement sensible à cette situation intolérable et mène depuis de longues années une campagne de sensibilisation en faveur de la jeune religieuse. Plus de 5000 cartes postales à son effigie avaient été adressées à l’Elysée, et son cas avait été évoqué par les autorités françaises, lors du dernier voyage du Président Chirac à Pékin. Plus de trente musiciens dont Yves Duteil, Florent Pagny, Barbara, ou I Muvrini avaient signé un appel pour sa libération.

    Aujourd’hui, le C.S.P.T craint qu’une "purification" ne soit en cours au sein même de la prison n°1 de Lhassa, et que les autorités chinoises éliminent de façon délibérée les plus tenaces de ses opposants.

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