Les patriotes corses

réclament un

statut politique

 

La journée d'action lancée par Patriottu le 16 mai en faveur des prisonniers politiques déportés en France a connu un vif succès, comme nous l'annoncions dans notre précédente édition. Le même jour, les prisonniers ont également tenu à dénoncer leurs conditions de détention, leurs contraintes, interdictions et à réclamer leur regroupement au sein d'une même prison d'arrêt. Nos frères ont ainsi refusé de réintégrer leurs cellules, après la promenade, et ont communiqué à leur administration pénitentiaire un tract "Reconnaissance du statut de détenu politique". Les actions, dans les prisons françaises se sont déroulées sans que l'on ait eu à déplorer le moindre incident.

A la suite de cette opération, nous recevons, entre autre, le courrier de l'un des prisonniers, Frédéric Stacchino, incarcéré à la Santé. Nous le publions, de même que le communiqué diffusé dans les prisons le 16 mai dernier.

 

Lettre de Frédéric Stacchino :

 

..."En même temps que l'action du 16 mai en Corse, nous avons manifesté à notre tour en refusant de remonter en cellule.

Nous étions huit au total dont trois amis basques et Turcs. Au bout de quelques minutes de blocage, nous avons vu arriver une brochette de cinq gradés. Nous avons débattu un moment en leur remettant notre communiqué. Tout s'est bien passé ; il y a eu une grosse panique au niveau des promenades car nous avons bloqué à 15 h 30 et le deuxième tour de promenade a été raccourci, d'où la tension de nos interlocuteurs !

Ils ont envoyé nos revendications en fin d'après-midi au Garde des Sceaux, puis au juge. . . En conclusion, je pense que qu'ils ont pu s'apercevoir que nous étions capables de nous manifester quand on voulait, là où on voulait. J'ai pu constater aussi leur crainte de voir de nouvelles manifestations de ce genre et d'autres refus de réintégrer les cellules. Le mot "rapport" ou "mitard" n'a pas été évoqué ou prononcé, au contraire, ils étaient disposés au dialogue.

Voilà, mes chers amis comment s'est déroulée l'opération ici, en prison. A Prestu.

 

 

Texte diffusé dans les prisons :

"Reconnaissance du statut du détenu politique " :

La Cour de Sûreté de l 'Etat été abrogée. Aujourd'hui, l'arsenal législatif a mis en place une Cour d'assises spéciales et une section anti-terroriste composées de Procureurs et de Juges d'instruction qui ne se soucient guère des droits de la défense et des éléments à décharge. Seule compte la traduction judiciaire de la volonté répressive. Parallèlement à la réinstauration de ces pratiques, le statut de détenu politique n'a tas tour autant été rétabli. Ainsi, les prisonniers, incarcérés au vu de leur seule opinion politique, parce qu'ils ont affiché leur sentiment national, font l'objet d'un traitement qui doit être également qualifié de "spécial" : interdiction de communiquer surveillance et traitements particuliers, mesures d'isolement, difficultés d'obtention de parloirs "famille", difficultés dans la préparation de leur défense, dispersion dans les diverses Maisons d'arrêt de la région parisienne.

Ces pratiques sont inqualifiables et inadmissibles au sein d'un Etat qui se targue auprès de la Communauté internationale d'être le pays des Droits de l'Homme.

C'est pourquoi nous exigeons : le regroupement au sein d'une même Maison d'arrêt, la suppression des interdictions de communiquer et de toute mesure d'isolement et de traitement particulier, la possibilité de parloirs "famille" et de parloirs "avocats" en commun, et principalement, la reconnaissance de notre statut politique de prisonnier"

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