Ci-dessous une lettre de Petru Magni (Culletivu Naeziunale) et Paulu Garatte (Cuncolta Naziunalista), de la prison de La Santé.


U Taravu. Dominique Poggi
http://www.taravu.com


Lettre de Petru Magni et Paulu Garatte.


En Corse, et malgré toutes les apparences, le seul fait que l'Etat Français en position dominante, doive faire étalage de toutes ses ressources pour prouver sa force et sa puissance, montre qu'il considère notre pays comme un adversaire, mais aussi combien il prend cette adversité au sérieux. Les réformes pour autant n'en murissent pas plus vite. La France est un pays où les pesanteurs institutionnelles sont à la fois dénoncées et acceptées. Son organisation territoriale notamment, bien que ne satisfaisant personne, demeure figée depuis deux siècles et semble s'inscrire dans une incapacité française à la réforme, contrairement à tous ses partenaires européens.


Après la visite du nouveau ministre de l'Intérieur et la récente réunion de Matignon on croirait pourtant que la République Française veuille jouer
loyalement le jeu avec les représentants de la Corse. Daniel Vaillant a non seulement conforté un pacte de confiance mais il a proposé un calendrier précis pour la suite, jusqu'en avril 2001, lorsqu'interviendra le vote du projet de loi sur le statut de la Corse. Le climat semble désormais plus apaisé après un été agité par un débat caricatural d'intellectuels, éditorialistes et politiciens de mauvais poil.
 
L'abcès chevènementiste a été crevé, malgré une dernière tentative, courant novembre à Paris des « desperados » de l'uniformité républicaine, et l'interlocuteur des Corses est un fidèle absolu de Lionel Jospin. Ce dernier a su également se débarrasser de son ministre corse le plus jacobin: Emile Zuccarelli.

Visiblement, dans le dossier corse, le premier ministre de la France poursuit deux objectifs. L'un est le respect à la lettre, pas plus mais pas moins, de son engagement de juillet à Matignon. L'autre est de faire en sorte que sa majorité plurielle soit en situation de voter la loi qui institutionnalisera la première phase du processus, celle qui va jusqu'au bout des transferts relevant du domaine réglementaire. Restera pour l'après-législatives et présidentielles de 2002, la mise en oeuvre de la deuxième étape qui exigera une modification constitutionnelle. Mais il appartient encore à Lionel Jospin de désarçonner les sceptiques de tous bords en rétablissant l'égalité des relations entre l'Etat Français et la communauté corse.
 
Le processus en cours ne peut se satisfaire du renforcement systématique des positions de l'état dominant. La répression
politique, ininterrompue à ce jour, la décorsisation administrative du secteur public, le désert culturel entretenu, nuisent à l'évolution sereine des rapports et sont révélateurs de l'hégémonie de l'occupant. Par leur permanence ils constituent une offensive quotidienne contre la nation corse, ce qui indique que l'on entre dans une phase culminante de la situation historique et politique. Il est donc de la responsabilité du gouvernement français d'abandonner cette conception de l'état gendarme pour revenir à une normalisation des relations, un traitement d'égal à égal et non plus de maître à sujet.


La réussite du processus est à ce prix.

Le 25 novembre 2000.
Petru Magni e Paulu Garatte.

 
sommaire Associu Patriottu actualité pétitions pour les prisonniers politiques corses OTAGES DE LA RAISON D'ETAT Vos réactions liens

intro Associu Carlu Santoni Liste de diffusion
communiqués la répression en images
In Mimoria
A Storiaccia
Associu Fratellenza intra muros

Les informations de la Lutte de Libération Nationale en direct sur Unità Naziunale :

 

Aidez le site

 


FastCounter by bCentral