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MARCEL LORENZONI Fresnes le 3 Juillet 1998
A Michel Codaccioni Je viens de refermer votre livre. Vous comprendrez que le fait dy être cité trente-six fois mautorise à répondre de cette façon a quelques-unes unes de vos affirmations. Comme beaucoup de vos confrères, vous ne manquez pas de mettre en avant mon passé de parachutiste. Sur cinquante quatre ans de vie, je lai été trois ans, et mes références sont plutôt les paras portugais de la révolution des illets que les français de la bataille dAlger, et, pour ce qui est des généraux, De Bollardière plutôt que Massu. Ce passé pèse peu en face de la trentaine dannées sur le terrain du militantisme politique, syndical ou associatif. Pour vous, je suis empêtré jusquau cou dans des projets bancals, démesurés, liés à la filière porcine " ". Au juste, quen savez vous ? Je suis membre et animateur dune société regroupant vingt éleveurs, qui porte depuis bientôt dix ans, contre les schémas dominants, dont on connaît les résultats en Corse, un projet de modernisation de la filière porcine dans le but : 1° de rendre viable la profession déleveur. 2° de rationaliser la production dune charcuterie de qualité, répondant en quantité aux critères du marché. Ce projet consistera à élever, abattre et transformer 15000 bêtes par ans. La Corse importe actuellement léquivalent de 10000 porcs lourds(+ de 130Kg), qui servent à élaborer une charcuterie imitant mal le produit traditionnel et ce au détriment des producteurs authentiques, de limage de marque de leurs produits, et bien souvent, de la santé des consommateurs. Ce projet, microscopique dans la filière dactivités concernée, était en passe daboutir, malgré la fin de non recevoir quy a opposé lensemble des banques locales, alors que létat et la Région sont engagé sur le principe dune aide de 40% du montant de linvestissement estimé a 100MF environ. Ce projet nest pas bancal, il a été validé par cinq audits différents, et représente, en plus, la création de 70 emplois directs. Pour ce quon sait des comptes de la CADEC et du Crédit Agricole, a défaut des autres, on peut dire que la banque a été très souvent plus souple, pour des financements qui ne concernaient que les besoins personnels des demandeurs. Pour en revenir au sujet de votre lettre, je suis bien daccord pour reconnaître que le premier communiqué du groupe Sampieru est rédigé pour men faire endosser lécriture. Ce communiqué a été transmis aux médias corses par M. Benhamou de Libération. Les journalistes corses, pressentant la manipulation, ont refusé de publier ce communiqué. Je peux citer de nombreux témoins de ce fait. Par contre, a partir du moment ou je dénonce la manuvre, non pas a la police, comme vous le dites, mais a un journaliste, je pense que le 2e communiqué na pas la même origine, annonçant à la fois la dissolution du groupe Sampieru, et des attentats contre de hauts fonctionnaires. Lorsque le préfet Erignac est abattu, il faut savoir que je suis désigné depuis le début comme lauteur de lattentat de Pietrosella, et ce par le commissaire Marion de la D.N.A.T. ex 6e D.C.P.J., lui-même. Parallèlement, je suis mis en cause par la lettre du préfet Bougrier, autre source policière, celle la fuyante. Tout ceci a pour arrière-plan mes rapports devenus conflictuels avec lappareil Cuncolta - Corsica Nazione, non pas sur des problèmes de personnes, mais sur des analyses différentes, remettant en cause les orientations, les structures, les Fonctionnements. Ces différents aboutissent en janvier 1997 a notre départ, et a la création du collectif Per a Nazione. Dautre part vous me dites sauvé par une interpellation policière providentielle. Si vous croyez quil ne peut rien arriver en milieu carcéral vous me semblez bien naïf. Le 9 février je nétais pas en cavale de protection. Pour lavoir été autrefois, je vous assure quil aurait été moins facile de me localiser si cela avait été réellement le cas. Je suis un des seuls, sinon le seul nationaliste connu a ne pas avoir changé ses habitudes pendant les heures noires de 1995-1996. Nous avons subi, en 1978, le premier attentat a la voiture piégée. Mon frère Christian en est sorti indemne par miracle. Jai été condamné à mort par Francia, cela sest terminé à lhôtel Fesch. Je sais ce quest le danger. Le 9 février, je nétais pas en cavale, et ne sentais autour de moi aucun danger. Je nai pas limpression de détenir la clé de lénigme, bien que je sois au centre dune double manipulation destinée a masquer lidentité des commanditaires de lassassinat du préfet Erignac. Jaurai bientôt loccasion de lexposer, pour ce qui me concerne, en détail. Je ne peux vous souhaiter que de satisfaire le besoin que vous reconnaissez Vous-même, celui de la rigueur. Sans rancune. Marcel Lorenzoni. |
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