Fresnes le 18 mai 1999,
Lettre aux militants du comite du fiumorbu
Ce que je perçois de votre démarche, concrétisée par la manifestation dAiacciu minspire les réflexions suivantes :
Historiquement : Nos " succès " électoraux et les grandes manifs ont été suivies de périodes de stagnation, ou de graves provocations avec effusion de sang. Ne prenons pas laffaire des paillotes pour autre chose que ce quelle est, un accident dans un programme de provocations.
Afin de prévenir ces risques, il est urgent dajuster les analyses, de remporter ladhésion populaire suffisante, par un choix de communication et dactions adaptées, sinspirant notamment du type daction qui a prévalu dans les pays de lEst avant leffondrement de lU.R.S.S que J.Colombani a bien fait de mentionner, en remettant en question nos références habituelles en la matière, quelles soient Basques, Irlandaises ou Kanaks, qui pour le moment nont pas abouti, quoi quon en dise, ou quon essaie de nous faire croire.
La désinformation est depuis toujours larme n°1 des dominants contre tous les dominés. Il faut en prendre conscience, et établir les moyens dune riposte adaptée.
Ils ne peuvent être que ceux dun retour aux sources, à la base, tenant compte des 20 dernières années de la lutte, permettant dorganiser les différences qui sont une réalité, avec pour références réaffirmées, ce que notre peuple a été capable de réaliser dans le passé, chaque fois que lHistoire lui a permis déchapper à loccupant du moment, en particulier pendant la période Paoliste, et pendant la dernière Guerre Mondiale.
Le lien privilégié de ce " retour aux sources " est la Pieve, ou le canton en milieu urbain. Par le contact quotidien entre militants et avec la population, il permet la permanence du débat, le règlement des contentieux, la définition de laction la plus adaptée et son exécution. Cest pourquoi il faut créer partout des Comités inspirés du vôtre.
Il est nécessaire de réaffirmer que le progrès ne peut venir que dune adaptation institutionnelle immédiate, de nature à faire évoluer la situation de la Corse vers de plus grands équilibres, dans le respect de sa culture, ce quaucun " changement " jusquici na pu permettre. Cela doit être notre but pour le moment.
Il faut faire partager ce but par le plus grand nombre possible de gens, et le choix des moyens est primordial.
Au stade où nous en sommes, il est nécessaire de salléger de tout ce qui peut oblitérer cette démarche.
Il faut en particulier, cesser dêtre le fonds de commerce des policiers et des juges. La médiatisation du problème corse, puissamment servie par laction clandestine, est portée aujourdhui au niveau dune affaire détat. Les échecs de tous les gouvernements depuis aléria sont aujourdhui notoires.
Dans ce contexte, qui devrait nous être définitivement favorable, la clandestinité sert dalibi aux tenants les plus acharnés du statu quo colonial, et dappui à la seule capacité exprimée par lEtat Français, la Répression par tous les moyens.
Sans oublier que toutes les trêves de laction clandestine nont entraîné en retour et jusquà ce jour, que double discours, pourrissement et promesses non-tenues de la part de lEtat français. Les clandestins prenant la mesure de la situation nouvelle, doivent suspendre sine die leur action, afin denlever leur principal argument aux détracteurs du mouvement national, et de permettre lUnité de ceux qui demandent au-delà du Mouvement National, un mieux être pour le Peuple corse.
Lorsque, et je ne le souhaite pas, il savérera que les aspirations populaires seront de nouveau sans suite, la " violence politique ", que lon appelle Guerre lorsque les forces sont plus équilibrées, redeviendra comme depuis longtemps et dans le monde entier, de " laction politique poursuivie par dautres moyens ".
Pour porter cette nouvelle démarche, et pour donner tout son sens à la volonté exprimée dans le Fiumorbu, une structuration efficace, respectant les différences et collant au terrain est seul gage defficacité.
Il est nécessaire, tant au plan local, quau plan National, dinstaller une structure légère pour un temps limité avec obligation de résultat.
Les tâches essentielles seront :
Malgré un très professionnel brouillage médiatique, lEtat Français donne le spectacle dune décomposition inexorable de sa version " Vème République ".
Par ladaptation de nos pratiques, il faut convaincre quun changement radical est non seulement souhaitable, mais possible. Il faut faire renaître le rêve et lenthousiasme des débuts, se débarrasser de tous les aspects négatifs accumulés en presque trente ans, et qui touchent toutes les composantes pour une raison ou pour une autre ; les plus chargées étant celles qui ont payé le prix le plus cher à la lutte, et ce nest pas un hasard.
Un effort général dhonnêteté intellectuelle, de cohérence (co-érrance ?) mieux, de cohésion, dabnégation, mais aussi defficacité en matière de communication et daction est nécessaire, en illustration des principes et des idéaux réaffirmés.
Il ny a rien à inventer, il faut seulement mettre en harmonie les propos et les actes, et sortir des sentiers battus.
Je continue de croire que les 14 premier points de lorganisation politique de Corsica Nazione peuvent être la base du projet que lensemble de la classe politique semble souhaiter.
Ils couvrent toutes les nécessités de la vie de notre collectivité, et doivent dans les principes et les objectifs, rallier une grande majorité.
Le débat général devrait concerner tous les partis, syndicats, associations et permettre de déboucher rapidement par lintervention de spécialistes, sur un projet chiffré, en Recettes et en Dépenses, à soumettre à lEtat Français et à lUnion Européenne, sous peine encore une fois, dêtre pris en remorque par les jacobins finissants, mais présents.
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ORGANIGRAMME (exemple)
* COMITE DE PIEVE OU DE CANTON URBAIN
Les militants de toutes les organisations installent à leur convenance une structure coordonnée chargée au niveau local dorganiser :
* Les representants des cantons ou des pieve forment A CUNSULTA qui élisent pour un an, sur candidature individuelle, des responsables, et leurs adjoints chargés :
1° des débats en séminaires, de lorganisation, de la définition des actions ;
2° des moyens financiers ;
3° de la communication, de linformation, de la formation, de la sécurité ;
4° de la représentation au niveau International, incluant les élus éventuels.
Lensemble forme lExécutif.
* Les chargés de mission organiseront leurs groupes de travail à la convenance, en recherchant la compétence.
A défaut dunanimité, la règle majoritaire simple sapplique à tous les niveaux avec le bénéfice de lâge en cas déquilibre des voix.
Il faudra apprendre les choix les moins coûteux, avec obligation de résultats, et ladaptation tactique rapide ne cas déchec, en ayant soin daller toujours du moins au plus, et jamais linverse, avec la nécessité de durer.
Vi pregu Bona Strada, un passu, per avà, fà altru !