" U Culletivu pe a nazione " L'État en accusation

Le mouvement a tenu à renouveler son soutien à tous les nationalistes corses et tient les services spéciaux pour responsables de l'assassinat du préfet Erignac

" U Culletivu pe a nazione (Le Collectif pour la nation) accuse l'État français, à travers ses services spéciaux, ses polices parallèles d'être responsable de l'assassinat du préfet Erignac. [...] U Culletivu pe a nazione accuse l'État français de masquer l'assassinat du préfet Erignac qui est une affaire d'État, par une soi-disant piste agricole sans le moindre soupçon de l'ombre d'une preuve. [...] U Culletivu pe a nazione accuse l'État français de n'avoir aucune volonté d'élucider l'assassinat du préfet Erignac. "

Lors d'une conférence de presse, donnée hier matin à Ajaccio, le mouvement nationaliste corse a tenu à s'engager publiquement sur trois axes.

En premier lieu, le mouvement a réaffirmé sa solidarité envers tous les nationalistes corses injustement détenus dans les prisons françaises et exige leur libération.

" U Culletivu " se pose des questions et cherche des réponses

Dans un second temps, le Collectif a évoqué l'assassinat du préfet Erignac.

A ce sujet, il déclare : " Comme toute la population, U Culletivu constate des évidences et pose des questions. Pourquoi Marcel Lorenzoni, désigné comme le responsable du soi-disant groupe " Sampieru ", lors de l'attentat contre la gendarmerie de Pitrusedda en septembre 1997, n'est interpellé que cinq mois plus tard au prétexte de l'assassinat du préfet ? Pourquoi la piste d'un témoin capital qui a vu et entendu les tueurs s'exprimer en italien et qui a fourni à la police des portraits robots de ces derniers, a-t-elle été abandonnée ? A qui profite ce crime ? Aux nationalistes Corses ou aux services de l'Etat français ? "


Un appel à la famille du préfet

Dans un dernier temps, U Culletivu s'adresse à la famille du préfet Erignac. Après avoir admiré son refus de participer aux cérémonies officielles et aux " hommages hypocrites des représentants de la République ", il lui est demandé, aujourd'hui au-delà de la douleur qui est la sienne, " de dire ce qu'elle sait ".

De Florence WALKER. Corse Matin du 22 Juillet 1998 !

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