CORSE MATIN du 26 Mai 1998

 

 

Au 26ième jour de grève de la faim de Marcel Lorenzoni, ses amis cessent de s'alimenter.

Ils sont huit à s'être installés à l'église Saint-Roch à Ajaccio. Huit à avoir décidé, dès hier matin de cesser de s'alimenter par solidarité avec Marcel Lorenzoni.

Tous font partie du comité de soutien Fratellenza mais leur action va au-delà de la personne de leur ami emprisonné. Notre but est de sensibiliser l'opinion, en Corse, mais aussi au-delà de la Méditerranée. Marcel Lorenzoni est emprisonné parce qu'on a trouvé des explosifs chez lui, il nie les avoir jamais possédés. Il s'agit d'une affaire incidente mais il a été interpellé dans le cadre de l'assassinat du préfet Erignac et il est prouvé qu'il n'y est pour rien. Mais notre action se situe au-delà du cas de Marcel. Nous nous battons pour tous les Corses emprisonnés dans le cadre d'affaires dépendant de la 14e section. Nous estimons que garder des personnes en prison pendant des mois sans même les entendre va à l'encontre des principes les plus élémentaires de respect des droits de l'homme...

En fait, depuis le début de son action, Marcel Lorenzoni a reçu de très nombreux télégrammes. Ses amis remercient en son nom toutes les personnes qui se sont manifestées.

Jeudi, pour la première fois depuis son incarcération au mois de février, il sera entendu par le magistrat instructeur. De nombreuses personnes souhaiteraient qu'il interrompe sa grève de la faim jusque-là. Mais les membres du comité Fratellenza insistent : Il veut aller jusqu'au bout. Nous sommes nombreux à nous inquiéter pour sa santé. Au-delà de 20 jours, une grève de la faim peut laisser des séquelles irréversibles...

En attendant ils sont huit de plus à jeûner à Ajaccio. Pour l'heure l'ambiance est plutôt conviviale. De nombreuses personnes viennent les rencontrer sur le parvis de l'église et, hier soir, une veillée était prévue à Saint-Roch.
Les grévistes de la faim attendent jusqu'à jeudi. Ils espèrent une avancée. Ils annoncent que sinon d'autres actions seront mises en place dans d'autres villes de l'île.

Entendu par le juge Brugière

Marcel Lorenzoni sera entendu jeudi par le juge d'instruction Jean-Louis Bruguière. Il s'agira, pour le militant nationaliste du premier interrogatoire sur le fond, depuis son incarcération à la prison de Fresnes, le 13 février. Mis en examen pour association de malfaiteurs et infraction à la législation sur les armes et explosifs, Marcel Lorenzoni qui protestait notamment contre le fait de n'avoir jamais été entendu par le juge d'instruction, a entamé cette grève de la faim le 30 avril dernier. Très affaibli, il aurait perdu selon ses proches, plus de vingt kilos. Le comité Fratellenza qui regroupe des membres de sa famille et des amis donnera le soir même une conférence de presse à Paris.

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