Lettre de Carlu Pieri du 20 Août 2001

 

PIERI Carlu
54959/B1/618

U 20 d'aostu


Cari fratelli,


Cette lettre que je vous adresse et que je vous autorise à rendre publique n'est pas dictée par ce que je suis en droit de considérer comme un légitime droit de réponse face au déferlement médiatique de ces derniers jours qui n'a eu de cesse de me salir sans même tenter de savoir quel pouvait être mon sentiment.


Elle est essentiellement pour moi l'occasion de vous rappeler et de faire savoir à ceux qui feignent de l'ignorer, que je n'ai jamais dévié d'un pouce de mon engagement et de mon comportement militants, constamment j'ai respecté  et je continuerais à respecter les positions qui sont celles de notre mouvement.


A ce titre, et je vous l'ai déjà fait savoir, je m'associe sans réserve aucune à la condamnation qui est la notre de l'assassinat d'un militant historique.


Je suis plus que jamais convaincu qu'il ne pourra y avoir d'avenir et de place sur sa terre pour notre peuple si tous, tous les nationalistes mais aussi tous les corses, nous ne nous inscrivons pas plus résolument encore dans la démarche de réconciliation initiée au Fiumorbu.

C'est en cela que je suis choqué par cette haine latente anti-corse qui suinte sous les analyses, le plus souvent les plus farfelues, pondues par tant d'envoyés spéciaux, tous prétendus spécialistes de la corse comme si nous étions une espèce particulière digne de tant d'observation. Qui a jamais entendu parler de spécialistes limousins ou même de l'île de France ?

Non, nous n'avons nul besoin de spécialistes, en tout cas pas de ceux qui se penchent, tel des charognards, sur le devenir, feignant de s'en inquiéter, de l'actuel processus politique mené, face à face, par l'assemblée de Corse, dans toutes ses composantes, et par l'actuel gouvernement de la France.

Nul ne peut encore dire avec suffisamment d'assurance c'est vrai, s'il pourra devenir un véritable processus de paix ainsi que nous l'entendons et le défendons, nul n'a en tout cas, le droit de condamner l'immense espoir qu'il a soulevé en Corse et auquel nous sommes farouchement attachés.


En tout cas, je pense pouvoir dire en toute humilité, que nous ne renoncerons jamais à cet esprit de paix que nous avons, tous ensemble, contribué à installer en Corse, avec d'autres corses, et cela bien avant le 13 décembre 1999, bien avant que la France ne prenne, en la personne de son chef de gouvernement, position.

Je n'ai pas pour habitude, et je pense qu'il en est de même de nous tous, de m'engager dans une démarche politique pour y renoncer ensuite.


En cela aussi, je ressens comme une atteinte ces faux jugements à l'emporte-pièce qui n'ont de cesse de ramener à la culture de l'individu ce qui est la somme des luttes, des combats, des souffrances et des sacrifices de tout un peuple.

Cessez de nous considérer comme des "condottiere" et laissez-nous construire notre citoyenneté.

 
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