LETTERA DI A PRIGHJÒ DI PETRU ALESSANDRI

Le débat sur les fonds secrets et l’attribution de sommes d’argent à l’ensemble des élus et hauts fonctionnaire de la république française, focalise sur la légalité ou l’illégalité d’une pratique aussi ancienne –paraît-il- que la république elle-même. Mais personne ne soulève le caractère immoral et indécent d’une telle situation. Pendant que ces individus déjà largement privilégiés par leur situation sociale, des salaires officiellement confortables et des avantages liés à leurs fonctions font prospérer leurs patrimoines, foncier et immobilier, spéculant et s’offrant des voyages de luxe aux quatre coins de la planète, la société française, elle, affronte une crise sociale et économique grave.

Si le citoyen français accepte sans réagir, et s’accommode de l’indécence et de l’hypocrisie de ses représentants, c’est bien là son affaire.

En ce qui  nous concerne en Corse, dans un esprit de clarification, il serait intéressant, de la même manière que l’état  avait imposé l’affichage des listes de bénéficiaires des primes à la vache dans les différentes municipalités, de rendre publiques les sommes et avantages perçus officiellement et officieusement par nos chers élus durant leurs différents mandats.

On comprendrait mieux dès lors leur attachement « viscéral » à une république une et indivisible. Un patriotisme en forme de porte-monnaie ou plutôt de comptes en banque à la mesure des sommes perçues.

On comprend mieux également, leurs pratiques clientélistes et leur obstination à décrocher ou retrouver leurs mandats électoraux, clés de voûte du système claniste.

Bien triste et révoltante image de ceux qui sont censés donner l’exemple et travailler pour l’intérêt collectif.

En Corse, nous sommes passés d’accusations, telles que « I manghjoni basta », « Tutti scruconi » qui pouvaient paraître abstraites et folkloriques, à une situation où le doute n’est plus permis.

Après la mort du préfet Erignac, l’état français a lancé des enquêtes tous azimuts qui ont permis de prendre conscience de l’ampleur du système qui sévit en Corse et que le mouvement national a toujours dénoncé, ainsi que d’établir les différentes responsabilités même XXXXX les co-responsables du système clan-état semble s’être neutralisé malgré les effets d’annonces. On a longtemps tenté de faire l’amalgame entre les nationalistes et la Mafia en profitant de l’ignorance que pouvait avoir le peuple Corse sur le fonctionnement de ce système et son opacité. On peut maintenant clairement affirmer où se situe le système mafieux et qui en sont ses bénéficiaires. Le problème ne se limite pas comme on voudrait le laisser croire, à des disfonctionnements techniques ou humains, à l’exemple de l’ADEC, de la SAFER (entre autres), et la solution à de simples remaniements ou recapitalisation.

Au-delà de la simple fraude, ces individus ont contribué, je l’espère, inconsciemment, à la destruction de filières de production  et d’un tissu économique et social par choix politiciens et intéressés.

Je ne suis pas personnellement pour leur infliger des sanctions pénales ou judiciaires, nous autres nationalistes ne connaissant que trop ce que représente la privation de liberté, mais il est plus que temps d’assainir la classe politique locale par des sanctions d’inéligibilité. Afin que XXXX en attendant que les Corses retrouvent le pouvoir des urnes et la possibilité de voter librement.

Je pense que ce n’est qu’au prix d’une moralisation de la vie publique, d’investissement et d’une participation citoyenne débarrassée de toutes pressions que l’on pourra envisager sérieusement l’avenir.

ALESSANDRI PETRU

Bois d’Arcy, le 15/08/2001

 
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