Drapchi, 1er mai : précisions :

Ce sont au total dix personnes qui ont été tuées par les services de sécurité chinois à la suite du mouvement de protestation qui s'est déroulé à l'intérieur de la prison de Drapchi, la célèbre "Prison n. 1" de Lhassa. Deux prisonniers auraient été abattus par des armes à feu. Cinq religieuses et trois moines ont été tués dans les jours qui ont suivi. Plusieurs autres prisonniers politiques, dont la jeune religieuse Ngawang Sangdrol, ont été sévèrement battus et placés en isolement.Les incidents auraient éclatés le 1er et le 4 mai dernier, à l'occasion de la visite des ambassadeurs de la "troïka" européenne (Gde-Bretagne, Luxembourg, Autriche) qui ont affirmé n'avoir rien observé de particulier. Quatre au moins des nonnes qui ont été tuées l'auraient été alors qu'elles étaient à l'isolement. Les parents de l'une d'entre elles, Ngawang Choekyi, 24 ans, parrainée par la ville française de Toucy (Yonne), bien que n'ayant pas été autorisés à approcher le corps de la jeune fille, ont nettement remarqué des traces de strangulation sur son cou. Il leur a alors été répondu qu'elle s'était pendue alors que ses compagnes s'étaient suicidées "en avalant leur foulard".

La mort des cinq jeunes femmes serait intervenue le 7 juin. Trois autres nonnes, qui n'ont pu être identifiées, auraient été tuées par balles lors des manifestations. L'identification des victimes est en effet très difficile, certaines prisonnières ayant disparu sans que l'on sache si elles ont été tuées ou placées à l'isolement. Des victimes de passage à tabac auraient également été signalées dans différents hôpitaux de Lhassa.

Sources : T. I. N., T.C.H.R.D., International Campaign for Tibet et Comité de Soutien au Peuple Tibétain. N 980812

Drapchi et ambassadeur de France

La sauvage répression qui s'est opérée à Drapchi les 1er et 4 mai (Cf article précédent) ne semble pas avoir été remarquée par l'ambassadeur de France à Pékin, qui s'est rendu au Tibet du 31 mai au 6 juin et qui, selon la réponse du ministre des Affaires Etrangères français aux questions de parlementaires, aurait été surtout sensible aux "progrès sensibles en matière de scolarisation" ainsi qu'à "l'émergence d'un nombre croissant d'entrepreneurs tibétains qui, au même titre que ceux d'origine chinoise, s'installent à leur compte". La répression violente y est, par ailleurs qualifiée pudiquement de contraintes actuelles en matière de sécurité publique". Tout porte donc à croire que notre ambassadeur a été la victime consentante ou non - d'une désinformation dans laquelle les Chinois sont passés maîtres. Pourtant, les faits rapportés par le TIN (Tibet Information Network), le TCHRD (Centre Tibétain pour les Droits de l'Homme et la Démocratie), et d'autres sources ne peuvent être mis en doute. Ces faits ne peuvent en aucun cas être passés sous silence, comme semble vouloir le faire le gouvernement français à la veille du voyage en Chine du Premier Ministre, M. Lionel Jospin. C'est pourquoi diverses associations ont appelé leurs membres à attirer l'attention du Premier Ministre sur ces faits, ainsi que celle de Mme Mary Robinson, Haut Commissaire des Nations-Unies pour les Droits de l'Homme, qui doit se rendre en Chine et a demandé à se rendre au Tibet au mois de septembre 1998.

Sources : T. I. N., T.C.H.R.D., International Campaign for Tibet et Comité de Soutien au Peuple Tibétain. N 980812

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