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Le 27 juillet 1998, Lobsang Tenzin moine du monastère de Dip Tse Chok Ling Dharamsala a reçu la lettre dont traduction ci-dessous de la part de son cousin germain Ngawang Monlam moine au monastère de Serra au Tibet.(Le courrier est d'abord parvenu au Népal par porteur, puis envoyé par poste jusqu'à Dharamsala) Ici, toute la famille et moi-même sommes en bonne santé, mais nous avons à te faire part d'une bien triste nouvelle.Le 1er mai dernier les détenus politiques ont manifesté contre les Chinois et ils ont entre autre brandi des drapeaux nationaux tibétains à Drapchi.En conséquence de quoi, le dimanche 7 juin (1998), 6 nonnes sont mortes. C'est ce que nous avons appris. Les autorités carcérales ont dit que 2 nonnes se sont suicidées en se pendant. L'une de ces 2 nonnes est "notre" nonne (ceci voulant dire de notre famille) Chokyi (nom laïque), l'autre nonne est originaire de Pempo Chokpo. L'information était très claire. Les gens disent que 4 autres nonnes se sont également suicidées en avalant leur foulard, mais nous ne savons pas si ces faits sont bien réels. Nous ne pouvions nous imaginer pareil drame... Nous avons demandé aux autorités de Drapchi à voir les dépouilles, mais cela nous fut refusé. Finalement nous avons eu l'autorisation de jeter un regard sur le cadavre (de loin). Nos trois frères Wangchen, Tenzin et Kunchok Samten sont allés voir le corps mais ils n'ont pu l'approcher, l'examiner, le toucher. Nos trois frères disent qu'ils ont vu une marque rouge (de strangulation) sur le cou. Les autorités de la prison ont envoyé la dépouille hors de prison pour crémation le 11 juin (1998) à 5:00 am. Les frères ont à nouveau sollicité les autorités pour voir le corps et leur demande a à nouveau été rejetée. Nous n'avons même pas pu savoir où le corps a été emmené. Nous étions très tristes. Il serait inutile et vain de vouloir garder ces faits secrets et nous te les communiquons. Sois plein de tolérance et de sagesse (ne soit pas en colère). Nous te demandons de prier pour la morte et nous te racontons tous ces évènements pour que tu puisses faire faire les cérémonies religieuses en conséquence. La seule chose que je te prie de faire ce sont ces rituels, je ne peux faire plus de mon côté car ce genre d'évènement génère toujours la tristesse, mais j'espère que ton esprit ouvert (vers la compassion) te permettra de transcender ta souffrance. Prends soin de toi. Ici, dans notre pays tes parents et tous les autres personnes n'ont pas ta sagesse et ils ne peuvent surpasser leur chagrin, écris-leur pour les réconforter. Chokyi avait 22 ans lorsqu'elle a été
condamnée à 5 ans de détention en 1994 et appartenait en ce
temps-là à la nonnerie de Chapumba qui comprend 160 moniales.
Chokyi et 4 autres nonnes se rendirent en 1994 devant le Jokhang
pour crier leur révolte, conscientes qu'elles se feraient
immanquablement arrêtées, emprisonnées et torturées. Alors
que les slogans fusaient de la bouche de la jeune nonne,
une vieille marchande du Barkhor l'agrippa par un bras pour
l'entrainer dans son échope pour la sauver de l'arrestation.
Chokyi décidée à se sacrifier pour son pays s'écria < Je
fais ça pour le Tibet.... recule, laisse-moi....> se défit
d'une de ses sandales et en frappa la vieille qui recula
atterrée, tenant en main la sandale qu'elle rapporta plus tard
à la famille, informant les parents de Chokyi de l'arrestation
de leur fille. Le père de Chokyi sollicita une de ses
connaissances employé à la prison de Gutsa où la jeune fille
fut conduite pour intervenir en sa faveur. L'ami Le monastère de Dip Tse Chok Ling a effectué ce matin, 28 juillet 1998, les rituels mortuaires pour Chokyi. Dharamsala, 28 juillet 1998 |
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Les informations de la Lutte de Libération Nationale en
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